Business Review » Rubrique Définition » DPGF définition : Qu’est-ce la Décomposition du Prix Global et Forfaitaire ? | mai 2022

DPGF définition : Qu’est-ce la Décomposition du Prix Global et Forfaitaire ?

Aussi appelée « décomposition du prix forfaitaire » (DPF), la DPGF est un document administratif essentiel que l’on retrouve essentiellement dans les sociétés de BTP, de sécurité, ou de maintenance. Pour autant, il est également utilisé dans de nombreuses autres activités. Il est établi lors d’appels d’offres et s’avère être un des critères pris en compte lors des études d’offres de la part du commanditaire des travaux. Ce document est délivré en corrélation avec la proposition commerciale.

La DPGF fait partie intégrante de l’offre technique et financière d’un marché. Elle est aussi régulièrement assimilée à l’EEC, le domaine des Études et de l’Économie de la Construction.

Ce document doit donc être acté avec rigueur et transparence, puisqu’il peut faire la différence dans le choix de l’entreprise qui remportera le marché. Il est souvent effectué selon un cadre défini par le commanditaire des travaux, afin de permettre aux potentiels prestataires de concevoir un document précis et adapté à la demande. À savoir également que l’acheteur peut décider de se faire assister par un maître d’œuvre, si ça n’est pas lui-même qui effectue directement la trame selon les besoins. Dans certains cas cependant, la trame du cadre de décomposition du prix forfaitaire est laissée à l’appréciation de l’entreprise soumissionnaire. Un cas bien connu : la demande explicite de la décomposition du prix global et forfaitaire selon les exigences du CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières), puisqu’elle en est typiquement le chiffrage.

Note : Contrairement à la DPGF (document non contractuel, dans la majorité des cas) le CCTP relève des fichiers contractuels du dossier de consultation des entreprises établi.

LA DPGF est un document capital quelque soit le type de marché, ce sont alors le Maître d’Œuvre et le Maître d’Ouvrage qui choisiront la proposition la plus adaptée. La DPGF doit être raccord avec le montant indiqué sur l’acte d’engagement, autre document capital dont la signature survient lors de l’acquisition du marché. Les incohérences n’auront pas leur place et risqueraient d’éliminer d’office votre société.

En résumé, c’est un document qui trouve sa place aussi bien sur les marchés publics que les marchés privés. Il permet d’analyser la cohérence des offres proposées afin d’en isoler la plus intéressante, qui remportera donc le marché.

De quoi est constituée la DPGF ? À quoi sert-elle ?

Comme exprimé ci-dessus, ce document doit est clair et précis. Il doit donc relevé à minima les points suivants :

  • La désignation de la prestation
  • Une description détaillée de l’offre
  • Le libellé de chaque ouvrage et/ou fourniture
  • Les quantités devant être prévues
  • Les prix unitaires HT
  • Le taux de TVA applicable
  • Un total global HT et des sous-totaux pour chaque ouvrage
  • Un total TTC

 Etablir cette décomposition du prix global et forfaitaire revient à croiser le CCTP, qui sert de cahier des charges.

Le dossier de consultation des entreprises (DCE) s’accompagne parfois du BPU* (uniquement pour les marchés à prix unitaire), lui-même complété par le DQE**. Pour autant, il est nécessaire de les distinguer de la DPGF, qui n’a pas la même fonction.

En effet, le BPU n’a d’autre rôle que de valoriser la liste des prix unitaires. Le DQE arrive en complément, puisqu’il permet de définir les quantités estimées poste par poste. Ces quantités relevant seulement d’une estimation, elles ne peuvent avoir une valeur contractuelle puisqu’elles sont supposées évoluer, à la hausse ou à la baisse, au fur et à mesure de l’évolution du marché.

Enfin, il faut savoir qu’il existe également le DQE dit « masqué ». En d’autre terme, ce document établi par le décisionnaire n’est pas transmis aux entreprises candidates à l’appel d’offre. Il sert uniquement à comparer en interne les offres reçues. Ainsi, les entreprises ne pourront connaitre les postes sur lesquels un effort de tarification devrait être privilégié.

C’est une pratique qui reste cependant peu conventionnelle.

La cohérence entre le CCTP et la DPGF doit être parfaite : lorsque votre document est établi, nous vous recommandons de le relire entièrement, en vous appuyant sur le Cahier des Clauses Techniques Particulières.

Enfin, il est recommandé d’apporter à la fois un BPU et une DPGF lors d’une proposition commerciale, si la situation s’y prête : vous assurez ainsi la couverture de tous les besoins identifiés de votre client, qui pourra trancher en toute transparence.

Distinguez parfaitement la partie « Forfait » et la partie ponctuelle. Les prestations associées ne seront pas répertoriées sur le même document, mais bien distinctement.

Dans un premier temps, la DPGF sert à vérifier votre chiffrage et comparer les tarifs sur lesquels vous êtes potentiellement compétitifs. Au besoin, elle permettra également au décisionnaire d’engager une phase de négociation pour les tarifs qui lui sembleraient trop élevés et qui, selon lui, pourraient être baissés.

Par la suite, lors de l’exécution du marché, c’est un document qui va servir de base dans le cas où des avenants devraient survenir pour modifier le chiffrage de certaines prestations.

DPGF : quelle valeur contractuelle ?

Étant par définition un engagement au forfait, il est donc fortement déconseillé de contractualiser ce document. Vous risqueriez de vous mettre en porte-à-faux avec un document ne respectant pas sa valeur forfaitaire si vous veniez à changer des quantités, par exemple.

Cependant, il arrive que dans certains marchés le commanditaire des travaux l’impose en tant que tel. Cela dans l’unique but d’obliger la société qui remporte le marché à respecter le cadre de la DPGF ainsi que ses propres engagements. Vous devez vous assurer de la présence ou non de cette mention, en consultant le Cahier des clauses administratives particulières (CCAP).

C’est dans ce même CCAP qu’une clause doit être prévue, stipulant que dans le cas de

prestations supplémentaires, les prix établis dans la DPF peuvent être utilisés pour les financer.

En principe, c’est le montant total qui fait foi pour l’Acte d’Engagement (AE), ce dernier étant, lui, une pièce contractuelle du dossier.

DPGF, à quoi ça ressemble ?

Ni plus ni moins qu’un fichier sur un tableur Excel, pour ne citer que ce logiciel. Le besoin d’automatiser certains calculs, d’ajouter ou retirer des lignes font que la Décomposition du Prix Global et Forfaitaire s’exécute parfaitement sous ce type de programme informatique.

La présentation claire sous ce format permet alors à l’acheteur d’effectuer des comparatifs entre les différentes offres reçues, ainsi que mettre le doigts sur d’éventuelles incohérences ou des oublis dans le chiffrage. C’est sous la forme de colonnes bien distinctes les unes des autres que la DPGF doit être présentée.

Première étape

Votre point de départ sera le CCTP. Celui-ci regroupe les clauses techniques du marché concerné. Il présente en effet le nom de la structure commanditaire des travaux, une description globale du projet, les attentes envers la société qui remportera le marché, une description du projet étape par étape et enfin, un glossaire répertoriant les termes utilisés.

Ensuite, il faudra commencer par isoler, dans le CCTP, les lots qui vous intéressent (les activités qui correspondent au savoir-faire de votre entreprise) et faire la liste de l’ensemble des postes pour chaque lot. Comment distinguer un lot d’un poste ? C’est très simple : un lot correspondra à une activité (plomberie, électricité…) et un poste correspondra à une tâche (pose de lavabo ou entretien des canalisations dans le cadre d’un lot en plomberie).

Une fois fait, à vous de lister l’ensemble de vos postes dans un fichier Excel.

Deuxième étape

Complétez votre fichier Excel avec les colonnes capitales, évoquées au début de cet article : les quantités, le prix unitaire HT, le prix total HT, le total global et forfaitaire…

Ne négligez pas non plus une mise en page claire : utilisez des couleurs pour les entêtes de colonnes afin de les dissocier des autres cellules, privilégiez les éléments importants en gras… Plus votre fichier sera lisible et agréable visuellement, plus le décisionnaire gagnera du temps dans l’étude de votre proposition : un autre bon point à ne pas sous-estimer !

Troisième étape

Enfin, il vous faudra également établir un échéancier de paiement afin de parfaire votre document. Cette étape ne doit pas être délaissée : vous apporterez ainsi davantage d’informations à la personne qui étudiera votre DPGF.

Vous l’aurez compris, la Décomposition du Prix Global et Forfaitaire doit être concise et claire. Ainsi, vous vous assurez toutes les chances de vous démarquer parmi les autres entreprises concurrentes de cet appel d’offre, et donc remporter cet appel d’offre haut la main !

* Bordereau des Prix Unitaires

** Détail Quantitatif Estimatif

À Propos de l'auteur : Lucas

Entrepreneur dans l'âme, j'ai à cœur de vous partager ma fibre entrepreneuriale.